Pour bien comprendre l’approche naturopathique, il est nécessaire de se familiariser avec quelques notions-clés, fréquemment utilisés dans les articles, les parcours et les consultations.
La Naturopathie

La Naturopathie est une approche de santé holistique, elle aborde l’être humain dans sa globalité. Corps, esprit, émotions et environnement forment un tout indissociable.
Le corps est considéré comme un organisme vivant, intelligent et autorégulé. On cherche donc à comprendre ce que les symptômes expriment : un déséquilibre d’une ou plusieurs fonctions naturelles, une surcharge sur un organe, ou un besoin de repos général.
En s’appuyant sur les grands principes du vivant, elle vise à restaurer les conditions favorables à l’expression des mécanismes naturels d’autoguérison afin de rétablir l’harmonie de l’organisme (du terrain, voir plus loin), et donc la santé globale.
Pour ce faire, on travaille sur les piliers de la santé : Alimentation, Sommeil, Respiration, Mouvement, lien Social, contact avec la Nature, Psychologie, Émotions et vie Intérieure (spiritualité).
Cela se fait en utilisant des techniques naturelles diverses et adaptées à chaque personne : régime alimentaire, phytothérapie, aromathérapie, activité physique, relaxation, exercices de respiration, thérapies douces, etc.
Le Métabolisme

Le métabolisme est l’ensemble des réactions chimiques qui se déroulent en permanence dans l’organisme pour maintenir la vie.
Elles permettent que ce que nous mangeons, buvons et respirons soit transformé en énergie, en chaleur, en matière vivante et en déchets.
Il comprend deux grands volets :
- l’anabolisme, qui construit et répare (synthèse des tissus, stockage de l’énergie) ;
- le catabolisme, qui détruit pour produire de l’énergie (digestion, combustion cellulaire).
Son fonctionnement est coordonné par plusieurs systèmes régulateurs :
- le système endocrinien, notamment les glandes surrénales et la thyroïde, qui ajustent la vitesse des échanges ;
- le système nerveux autonome, qui module le métabolisme selon les besoins du moment (repos, effort, stress) ;
- le système immunitaire, qui influence l’activité métabolique en cas d’inflammation ou d’infection.
Un métabolisme équilibré correspond à un rythme harmonieux entre réparation et déconstruction, adapté aux sollicitations et à la vitalité actuelle.
Le stress, le manque de sommeil, la sédentarité ou les carences peuvent le ralentir ou le déréguler.
Le Système Lymphatique

Le système lymphatique est un vaste réseau de vaisseaux, de ganglions et de liquides qui participent au nettoyage et à la régulation interne de l’organisme.
Il regroupe trois fluides étroitement liés et de même nature :
- la lymphe, qui circule dans les vaisseaux et les ganglions lymphatiques,
- le liquide interstitiel, qui baigne toutes les cellules,
- et le liquide cérébrospinal, qui entoure le cerveau et la moelle épinière.
Ces liquides ont une fonction commune : ils drainent les déchets métaboliques, les cellules mortes et les substances en excès, tout en assurant les échanges entre le sang et les cellules.
C’est à travers la lymphe que les nutriments absorbés par l’intestin passent vers le sang, puis vers les tissus.
Contrairement au sang, la lymphe est en contact direct avec toutes les cellules, ce qui en fait le principal acteur de la communication et du nettoyage de l’organisme.
Les ganglions lymphatiques jouent un rôle de stations d’épuration : ils filtrent la lymphe, et permettent la neutralisation des toxines.
Ils ont également un rôle immunitaire, ce sont des zones de surveillance où les lymphocytes identifient les agents pathogènes.
Après neutralisation des toxines dans les ganglions, la lymphe transporte les déchets vers les émonctoires (voir article suivant), principalement les reins, mais aussi le foie et les intestins, qui prennent le relais pour l’élimination.
La lymphe ne possède aucune pompe centrale comparable au cœur : sa circulation dépend du mouvement, de la respiration, de la gravité et de la contraction musculaire.
Elle dépend aussi de son état de fluidité, lui-même lié à l’hydratation, à la qualité de l’alimentation et au niveau de toxémie de l’organisme.
Le système lymphatique est le grand réseau de nettoyage, de communication et d’immunité de l’organisme.
Quand la lymphe circule librement, les tissus sont bien nourris et les déchets sont éliminés sans problèmes.
Lorsqu’elle est saturée de toxines, l’ensemble du métabolisme ralentit et la vitalité s’en trouve diminuée.
Les Émonctoires

Les émonctoires sont les organes qui servent de portes de sortie du corps.
Ils permettent l’élimination naturelle et définitive des toxines.
Les principaux émonctoires
• Le Foie (foie-intestin)
Il filtre et transforme les toxines, qu’il envoie vers l’intestin via la bile ou les reins.
Il ne se charge pas directement de l’excrétion, c’est pourquoi on parle du couple foie–intestin.
• L’intestin
Il évacue les résidus digestifs et les déchets préparés par le foie et mélangés à la bile.
Un transit lent ou un microbiote déséquilibré ralentissent l’élimination.
• Les reins
Ils filtrent le sang et la lymphe et rejettent via l’urine les déchets hydrosolubles (urée, acide urique, sels minéraux en excès).
• La peau
Elle élimine les toxines par la sueur et le sébum, et prend la relève lorsque les reins ou le foie sont débordés.
• Les poumons
Ce sont les émonctoires des toxines gazeuses : ils rejettent le dioxyde de carbone et certaines substances volatiles.
Une respiration profonde soutient cette fonction.
Les émonctoires secondaires
Quand les voies principales, foie/intestin et reins, sont saturées, l’organisme détourne l’évacuation des déchets ailleurs, pour protéger les organes vitaux.
Cette élimination se fait alors par les muqueuses (nez, gorge, poumons, vagin), mais aussi par la peau sous forme d’éruptions, écoulement de mucus, boutons…
Ces manifestations sont les signaux d’une élimination difficile : le corps compense en dirigeant les toxines vers d’autres portes de sorties, appelées émonctoires secondaires.
La Vitalité ou force vitale

La vitalité désigne l’énergie dont dispose un organisme pour assurer toutes ses fonctions : digérer, éliminer, se défendre, se régénérer, se reproduire, se mouvoir et s’adapter.
Tout processus vivant en dépend.
Quand elle est abondante, le corps récupère vite, se régénère facilement et s’adapte sans effort.
Quand elle est insuffisante, la moindre contrainte devient coûteuse et la régénération de l’organisme ralentit.
Se sentir plein de vitalité ne se réduit pas à l’impression d’avoir de l’énergie.
On peut se sentir plein d’élan parce qu’on est stimulé — par le stress, la caféine ou l’adrénaline — tout en étant, en réalité, épuisé physiologiquement.
La vitalité réelle, physiologique, se reconnaît plutôt à la qualité du fonctionnement métabolique : un sommeil profond, une digestion fluide, une chaleur corporelle stable, une humeur équilibrée et une clarté mentale durable.
Elle dépend de l’héritage (génétique et lymphatique), de l’hygiène de vie, de l’environnement où nous évoluons et de la gestion émotionnelle.
Chaque tension, digestion difficile ou charge mentale importante puise dans ce capital énergétique et détourne la vitalité des fonctions essentielles : réparation, élimination, récupération.
C’est ce phénomène qu’on appelle la dérivation de l’énergie vitale (voir paragraphe suivant).
La Loi de dérivation de l’énergie vitale
L’organisme dispose d’une quantité d’énergie vitale limitée qu’il répartit selon les priorités du moment.
Le corps fonctionne par priorités : il répartit son énergie entre ses fonctions, sans pouvoir toutes les soutenir pleinement à la fois.
Cette répartition suit un ordre de priorité biologique, qu’on appelle la loi de dérivation de l’énergie vitale.
En premier lieu, une grande part de l’énergie totale est consacrée à ce qu’on appelle le métabolisme de base. Il s’agit des fonctions vitales de l’organisme : le fonctionnement permanent du cœur, du cerveau, du foie, des reins, de la respiration, du maintien de la température, etc.
C’est la dépense d’énergie minimale pour rester en vie, sans bouger, sans digérer, sans penser.
La part d’énergie restante (celle qui peut être réaffectée) est répartie de la manière suivante :
- La digestion et l’activité mentale tout d’abord. Ce sont les deux postes de dépense prioritaires.
À elles seules, elles peuvent mobiliser une grande partie de l’énergie disponible (près de la moitié), au détriment des autres fonctions du corps. - Ensuite l’activité physique, l’effort musculaire. Bouger, marcher, travailler, produire une action concrète.
- Et finalement, les processus d’entretien, de détoxification et d’autoguérison, qui sont les derniers de la liste.
L’énergie qui n’a pas été dépensée dans les postes précédents est employée pour les fonctions de réparation : élimination, drainage, régénération cellulaire.
Autrement dit, si la plus grande partie de l’énergie est mobilisée par la digestion, le mental ou le stress, il n’en reste plus assez pour la régénération.
L’organisme gère ce qui nécessite un traitement urgent, car lié à la survie : l’alimentation, la réflexion et le mouvement. Il reporte donc le nettoyage, la détoxification et la réparation des tissus, généralement pendant les périodes de repos, de vacances ou de jeûne.
C’est ce qui explique pourquoi le mode de vie moderne — caractérisé par une abondance de nourriture, de stimulations mentales et de stress — est si peu favorable à la guérison naturelle.
L’énergie vitale est sans cesse détournée vers la gestion du quotidien, au détriment de la restauration profonde.
En situation de stress intense, l’énergie est dérivée vers les organes d’action ou de survie : les muscles, le cerveau, le cœur.
Les fonctions de nettoyage (élimination, digestion, réparation) passent alors au second plan, voire sont même mise en pause.
Lorsque l’organisme retrouve le calme, il réoriente son énergie vers les fonctions internes : régénération, sommeil, détoxification.
Mais si la situation de stress perdure, comme c’est le cas pour le stress chronique, l’énergie reste dirigée vers l’action et la survie. Ce qui signifie que ni la récupération ni l’auto-guérison ne peuvent s’effectuer.
► Comprendre cette loi, c’est intégrer qu’il existe des priorités physiologiques.
Chercher à “drainer” ou “détoxifier” un organisme épuisé revient à lui demander un effort qu’il n’a pas les moyens d’accomplir.
C’est pourquoi, on commence par restaurer la vitalité, pour ensuite favoriser une élimination efficace des toxines.
Les Toxines

Les toxines désignent l’ensemble des déchets que l’organisme doit éliminer pour préserver son équilibre.
Elles peuvent être d’origine:
- endogènes → produites à l’intérieur du corps : déchets cellulaires, acides issus du métabolisme, hormones altérées, etc.
- exogènes → apportées par l’environnement : alimentation, alcool, additifs alimentaires, médicaments, pesticides, tabac, métaux lourds, pollutions diverses, etc.
Le stress joue aussi un rôle : il accélère le métabolisme et augmente la production de déchets internes.
De plus, le stress oxydatif (créateur d’un excès de radicaux libres) amplifie l’usure des cellules et produit encore plus de “toxines” à éliminer.
Il existe également des toxines émotionnelles ou énergétiques : colères, peurs, chocs, non-dits… Ces éléments immatériels peuvent se cristalliser dans le corps, tout comme une toxine physique. On parle aussi de somatisation. Il s’agit des conséquences sur la physiologie de ce qu’il se passe au niveau psychologique et émotionnel.
Ces différents aspects sont en interaction, aussi libérer le corps allège l’esprit, et apaiser l’émotion aide le corps à éliminer.
La Toxémie

La toxémie correspond au niveau d’accumulation de toxines dans l’organisme, qu’elles soient d’origine interne (toxémie endogène) : résidus de digestion, métabolites, cellules mortes… ou externe (toxémie exogène) : alimentation, additifs, polluants, médicaments…
Ces toxines s’accumulent au fil du temps dans l’organisme. S’il n’a pas la capacité de les éliminer, il va les stocker dans du gras, les diluer en formant un œdème (rétention d’eau), ou encore les neutraliser en combinant les toxines acides avec des minéraux alcalins pour former un sel neutre. Mais ce faisant il consomme ses propres minéraux.
Lorsque les toxines s’accumulent dans l’organisme, la lymphe (voir définition du système lymphatique) s’épaissit, l’oxygénation cellulaire diminue, et la communication entre les organes devient plus difficile.
Les premiers signes sont discrets : fatigue, digestion lente, peau terne, langue chargée, sommeil léger, irritabilité.
Si aucun changement ne se produit (sur l’hygiène de vie, l’environnement, le niveau de stress), la toxémie continue à s’élever, engendrant divers symptômes, comme autant de signaux de l’organisme qui appelle à l’aide et au nettoyage intérieur.
L’Hygiène de vie

L’hygiène de vie désigne l’ensemble des habitudes et comportements quotidiens, qui contribuent ou non, au maintien de la santé et du bien-être.
Elle englobe les aspects physiques, psychiques, émotionnels et sociaux de la vie quotidienne.
Les grands piliers d’une hygiène de vie saine
- L’alimentation : naturelle, variée, adaptée à la saison et à la vitalité.
- Le sommeil et le repos : le temps de récupération physique et nerveuse doit être suffisant.
- Le mouvement : l’activité physique régulière, active le métabolisme et favorise la circulation lymphatique. La posture générale.
- La respiration : oxygénation consciente, ancrage dans le corps et dans l’instant présent, et gestion du stress.
- L’équilibre émotionnel et mental : expression authentique, gestion du stress, sérénité intérieure.
- Le lien social et affectif : relations nourrissantes, échanges, sentiment d’appartenance, bienveillance.
- Le contact avec la nature : passer du temps en extérieur, s’exposer à la lumière naturelle, respecter les rythmes jour/nuit.
En naturopathie, l’hygiène de vie n’est pas un ensemble de règles à suivre, mais l’art d’ajuster son quotidien, selon son terrain (article suivant) et sa vitalité (voir définition Vitalité) actuelle, pour soutenir la santé générale.
C’est l’hygiène de vie va créer les conditions naturelles de la santé, de la régénération et de l’équilibre global.
Elle impacte donc directement le terrain.
Le Terrain

Le terrain désigne l’ensemble des facteurs qui façonnent la manière dont un organisme fonctionne et réagit. Il est unique, évolutif et individuel.
Il résulte de l’interaction entre plusieurs paramètres :
- L’hygiène de vie, c’est-à-dire la qualité du sommeil, de l’alimentation, du mouvement, du lien social et du rythme quotidien ;
- L’environnement, au sens large : géographique, climatique, social, chimique (pollutions) ou électromagnétique ;
- L’héritage à la naissance, à la fois génétique, épigénétique (voir définition) et lymphatique (puisque le système lymphatique du nourrisson est initialement connecté à celui de sa mère, il en récupère le niveau de toxémie) ;
- Et l’historique personnel, c’est-à-dire l’ensemble des expériences, chocs, stress ou habitudes accumulés au fil de la vie.
L’ensemble de ces éléments se combine pour former le terrain d’une personne à un instant donné. Il n’est pas figé, mais évolutif.
Le niveau de vitalité, tout comme le degré de minéralisation du corps découlent de l’état du terrain individuel.
C’est ce terrain qui détermine la manière dont le corps réagit à un stimulus externe, qu’il soit émotionnel, infectieux, climatique ou physique.
Deux personnes exposées à la même situation ne réagiront pas de la même façon, car leurs terrains sont différents.
En naturopathie, c’est l’observation du terrain qui guide le choix des outils de régénération, qui seront ajustés à la vitalité et à la capacité d’adaptation de la personne, autrement dit, à son terrain.
L’Environnement

L’environnement désigne l’ensemble des facteurs extérieurs présents dans le quotidien, qui sont susceptibles d’influencer la santé, le fonctionnement ou l’équilibre d’un organisme.
Il comprend les éléments physiques, chimiques, biologiques, sociaux et énergétiques qui nous entourent : qualité de l’air, de l’eau, du sol, du climat, des relations humaines, mais aussi du bruit, des ondes ou des polluants.
Pour être tout à fait exact, notre environnement s’étend bien au-delà de notre cadre de vie : il va jusqu’au Soleil, puisque nous ressentons directement les effets du rayonnement solaire sur l’humeur, le sommeil, la synthèse de vitamine D et les rythmes biologiques.
Tout ce qui agit sur le corps depuis l’extérieur — que ce soit visible ou invisible — fait partie de notre environnement.
La Détoxification et l’Élimination

En naturopathie, la détoxification est le processus naturel par lequel votre corps se débarrasse des toxines – ces déchets venant de l’alimentation, de l’environnement (pollution, produits chimiques) ou même du stress – pour retrouver énergie et équilibre.
Imaginez votre corps comme une équipe de nettoyage très organisée, où chaque membre a un rôle précis pour garder la maison propre. Si le foie est souvent l’organe clé de ce processus, il ne travaille pas seul. Le système lymphatique et les organes émonctoires jouent un rôle tout aussi essentiel pour éliminer les toxines.
Les phases de la détoxification au niveau du foie :
- Phase 1 : La transformation
Le foie agit comme un atelier de tri. Avec des enzymes spéciales (comme le cytochrome P450), il transforme les toxines liposolubles (capables de se dissoudre dans les graisses) en substances intermédiaires plus faciles à gérer. C’est comme démonter un vieux meuble rempli de bric-à-brac pour pouvoir l’évacuer plus facilement. Cette étape produit des résidus instables, qu’il faudra ensuite neutraliser. - Phase 2 : La neutralisation
Ici, le foie transforme ces substances intermédiaires instables, pour les rendre inoffensives et prêtes à être évacuées. Grâce à des processus comme la conjugaison (où les toxines sont liées à des molécules comme le glutathion), celles-ci deviennent inactives.
Cette étape peut être comparée à l’emballage des déchets dans des sacs étanches pour éviter qu’ils ne fassent des dégâts. - Phase 3 : Le transport et l’élimination
Une fois préparées, les toxines transformées ou non transformées sont éliminées de l’organisme via les émonctoires.
Les toxines liposolubles sont déversées dans les intestins via la bile. Les toxines hydrosolubles elles, rejoignent le sang ou la lymphe en direction des reins.
D’autres toxines sont éliminées par les émonctoires sans passer par le foie, comme les gaz, rejetés par les poumons.
C’est comme si l’équipe de nettoyage acheminait les sacs poubelles vers différentes sorties, selon leur nature.
Le rôle des ganglions lymphatiques dans la détoxification
Une autre forme de neutralisation se produit au niveau des ganglions lymphatiques. Ils agissent comme des filtres : ils piègent les toxines, les bactéries ou autres indésirables présents dans la lymphe, les neutralisent (avec l’aide du système immunitaire et de micro-organismes) puis les dirigent vers les émonctoires pour l’élimination.
Par exemple, les toxines filtrées par les ganglions peuvent être acheminées vers les reins (pour être éliminées avec l’urine) ou vers les intestins.
La détoxification peut être ralentie si le système lymphatique est « engorgé », à cause d’un manque d’exercice, de déshydratation ou d’une mauvaise alimentation.
L’élimination proprement dite
L’élimination est la dernière étape du processus de détoxification. Celle où les toxines quittent définitivement l’organisme.
Sans élimination, il n’y a pas de détoxification. C’est l’étape finale mais elle est souvent oubliée ou négligée, avec des conséquences qui peuvent être néfastes.
Selon leur nature, les toxines prennent différentes « portes de sortie », intestins, reins, poumons peau ou muqueuses.
La détoxification est un travail d’équipe en plusieurs phases, où le foie joue un rôle important pour transformer les toxines, mais où les émonctoires – foie-intestins, reins, peau et poumons – assurent l’élimination finale.
Le Stress Oxydatif
Le stress oxydatif désigne un déséquilibre entre la production de radicaux libres et la capacité du corps à les neutraliser grâce à ses systèmes antioxydants (vitamines C et E, zinc, sélénium, glutathion, enzymes, polyphénols…).
Les radicaux libres sont des molécules très réactives produites naturellement par nos cellules : respiration, digestion, inflammation, activité physique…
En petite quantité, ils sont utiles : ils participent à la défense immunitaire et à la communication cellulaire.
Mais lorsqu’ils s’accumulent, ils endommagent les membranes, les protéines et l’ADN.
Le stress oxydatif survient lorsque l’organisme est sur-sollicité et ne dispose pas de temps de récupération. Le métabolisme tourne à plein régime et la production de radicaux libres dépasse la capacité du système de protection antioxydant.
Cela se produit par exemple en cas de :
- alimentation déséquilibrée, tabac, alcool, pollution, exposition solaire excessive ;
- stress chronique, manque de sommeil, sédentarité ou surentraînement ;
- hyperglycémie ou inflammation persistante.
Ce déséquilibre accélère le vieillissement cellulaire et contribue à de nombreux troubles chroniques : inflammation, fatigue, maladies cardiovasculaires, neurodégénératives ou métaboliques.
L’Épigénétique

L’épigénétique étudie la façon dont l’environnement influence l’expression de nos gènes, sans en modifier la structure.
Chaque cellule possède le même ADN, mais selon les signaux qu’elle reçoit (alimentation, stress, émotions, toxines, mode de vie…), certains gènes sont activés, d’autres inhibés.
Ces signaux extérieurs agissent comme de petits interrupteurs biologiques capables de modifier la lecture du code génétique.
C’est ainsi que deux personnes portant les mêmes gènes — ou même des jumeaux identiques — peuvent développer des états de santé très différents selon leur hygiène de vie, leur pensées et leur environnement global.
En pratique, l’épigénétique surpasse la génétique dans la majorité des pathologies dites “héréditaires”.
On n’hérite pas seulement de gènes, mais surtout d’un mode de vie, d’une alimentation, de croyances et d’habitudes qui orientent leur expression.
Autrement dit, les gènes prédisposent, mais l’environnement décide.
Nos choix quotidiens — alimentation, sommeil, mouvement, gestion du stress, qualité du lien social — influencent directement la manière dont nos gènes s’expriment, pour le meilleur ou pour le pire.
► L’épigénétique redonne à chacun un pouvoir d’action sur sa santé : elle montre que le terrain n’est pas figé, mais vivant, réversible et modulable à tout âge.
Les Enzymes

Les enzymes sont des protéines actives qui accélèrent les réactions chimiques du corps.
Elles permettent à toutes les fonctions vitales de se dérouler : digestion, respiration, détoxification, réparation cellulaire…
Sans elles, ces réactions seraient trop lentes pour maintenir la vie.
Ce sont les catalyseurs du vivant : elles rendent possible chaque transformation biologique, de la digestion du bol alimentaire à la production de l’énergie cellulaire.
L’Homéostasie : la quête permanente d’équilibre

La loi de l’Homéostasie : En l’absence de perturbations, tout organisme revient spontanément à l’état d’équilibre, au travers d’une série de processus régulateurs.
Les processus régulateurs peuvent se manifester sous la forme de divers symptômes, ou de fatigue par exemple.
L’état d’équilibre fait référence à la pleine santé.
L’organisme tend naturellement vers cet état d’équilibre dynamique, que l’on appelle homéostasie.
L’Hormèse : la voie naturelle du renforcement

La loi de l’Hormèse : Tout organisme soumis à un stress volontaire, qui ne dépasse pas sa capacité d’adaptation, suivit d’une période d’intégration, se renforce de manière non spécifique.
L’hormèse décrit le principe selon lequel une dose adapté de contrainte naturelle stimule les capacités d’adaptation du corps.
Autrement dit, un élément naturel qui est nuisible en excès peut être bénéfique en petite quantité.
La période d’intégration correspond au temps de récupération et de surcompensation nécessaire à l’organisme pour se renforcer, en réponse à la stimulation : le stress volontaire.
Le corps se renforce de manière non spécifique, car toutes les situations stressantes activent le même circuit de réponse physiologique, qui devient de plus en plus efficace.
Ainsi le fait de faire des bains froids vous aidera à affronter plus sereinement les situations stressantes du quotidien (retard, embouteillages, regard des autres…).
L’exposition au froid, à la chaleur, le jeûne intermittent, l’exercice physique à haute intensité ou la privation d’oxygène, sont des stimuli hormétiques : ils provoquent une réaction adaptative qui renforce la vitalité, s’ils sont suivi d’une période de repos, d’intégration suffisante.
L’organisme améliore sa capacité à faire face à un élément stressant et devient plus résilient.
Mise en garde : L’hormèse n’est utile que si elle est proportionnée à la vitalité disponible : pour un organisme épuisé, même une contrainte légère peut être excessive.
L’adaptation individuelle de l’intensité du stress est cruciale, pour que le corps y gagne, sans se vider de ses forces.
L’Homéorhésie : la souplesse adaptative du vivant

Si l’homéostasie est la recherche d’un état d’équilibre dans l’organisme, l’homéorhésie (du grec rheis, “flux”) va plus loin. Elle stipule qu’après un déséquilibre, le corps ne revient pas exactement à l’état initial, mais à un nouvel équilibre, adapté au nouveau contexte.
Cela représente la capacité d’auto-organisation du vivant, sa plasticité.
Après une perturbation interne (stress, émotions, déséquilibres hormonaux) ou externe (alimentation, pollution, climat) , l’organisme redéfinit son équilibre pour se ré-harmoniser, s’adapter aux nouvelles conditions auxquelles il doit faire face.
Ce n’est pas la recherche d’une perfection figée, mais un mouvement d’adaptation continue, qui caractérise l’homéorhésie.
La naturopathie accompagne l’organisme dans ce mouvement vers un état plus harmonieux, sans jamais chercher à le contraindre dans un modèle idéal.
Cela explique, entre autre, pourquoi les besoins alimentaires varient : les besoins de l’organisme évoluent, tout comme le terrain (conditions internes) et l’environnement (conditions externes).
La santé n’est pas un état figé que l’on atteint et auquel il faudrait s’accrocher. C’est plutôt une capacité à se réajuster en permanence pour conserver un équilibre fonctionnel entre les paramètres externes et internes.
